En 2009, les états signataires de la Convention des Nations Unies sur le Changement Climatiques se retrouveront à Copenhague avec la lourde tâche de bâtir l’après protocole de Kyoto.
Les négociateurs auront à l’esprit les recommandations du GIEC : pour que le réchauffement moyen de la planète ne dépasse pas le seuil critique des 2°C par rapport au climat préindustriel il faudrait réduire les émissions humaines de gaz à effet de serre d’au moins 50% par rapport à celle de 2000. Ce, alors même que les émissions mondiales continuent d’augmenter.
L'urgence à s’engager sur des objectifs ambitieux est d’autant plus grande que les conséquences du « trop effet de serre », font déjà sentir leurs effets néfastes sur les territoires et les écosystèmes les plus exposés.
Que ces conséquences ont des impacts destructeurs sur les peuples qui en dépendent.
Que ces peuples sont souvent ceux qui contribuent le moins aux émissions de gaz à effet de serre.
Que la dégradation des environnements les plus fragiles est un facteur de migration.
Qu’en cas de statu quo les migrations induites par le climat pourrait concerner des dizaines voire des centaines de millions de personnes dans les cinquante prochaines années.
Qu'une partie de ces migrations, internes ou externes, notamment dans le cas de la disparition inéluctable de territoires, sera irréversible.
Que la migration, l’éparpillement des communautés et la perte du lien avec un environnement maîtrisé qui en résultent, conduisent à la disparition de savoirs, de philosophies, de langues et de cultures qui constituent le patrimoine vivant de l’humanité ainsi qu’un gisement de savoirs pour surmonter la crise climatique.
Que dans certains cas les migrations, associées à l’apparition de famines et d’épidémies, seront des facteurs de troubles politiques et frontaliers.
Qu'une partie de ces migrations peut cependant être limité par une aide appropriée à l’adaptation.
C’est pourquoi, dans la continuité des appels déjà lancés (voir liens utiles) à tous les échelons du pouvoir politique et qui établissent clairement les enjeux humains, environnementaux, économiques, géopolitiques et démocratiques majeurs dont relèvent les migrations forcées liées au climat nous demandons expressément aux négociateurs de la quinzième Conférence des Parties:
qu'à côté des discussions cruciales sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et les politiques d’adaptations, un place importante soit faite dans l’agenda de la conférence à la prise en compte des populations les plus vulnérables aux changements climatiques et à leur possible déplacement.
Et que ces discussions soient orientées vers la mise en place d’une gouvernance mondiale dotée de moyens financiers conséquents et chargée de :
1° Aider et développer les recherches permettant une évaluation fine des conséquences présentes et à venir du réchauffement climatique sur l’homme ainsi que des remèdes à y apporter.
2° Appuyer les politiques d’adaptation susceptible d’aider les populations les plus exposées à résister, sans être contraint à la migration, à la dégradation de leur environnement.
3° Prévoir des fonds d’urgence dans le cas de catastrophes naturelles liés au réchauffement climatiques permettant notamment aux survivants de revenir sur leurs terres.
4° Anticiper sur le plan logistique et juridique l’accueil des réfugiés du climat dans un esprit de justice climatique et dans le plus grand respect des droits de l’homme.
5° Organiser une coopération à tous les niveaux impliquant notamment les gouvernements locaux, lieux pertinents et complémentaires d’action et de solidarité.
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